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Robert MICHENON (06)26 30 40 37 mail : unmondedavance30@gmail.com

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INTERVIEW DE BENOIT HAMON AU QUOTIDIEN LIBERATION. Jeudi 2 Juillet 2009.

Ces   jours-ci,   nombre   de   socialistes   lancent   ou   relancent   leur   club   ou   leur courant. Pourquoi un tel degré de fragmentation? 
«   Chacun   des   initiateurs   de   ces   clubs   présente   son   initiative   comme   la   pierre angulaire de la reconstruction du PS. Mais on peut se demander s'il ne s'agit pas d'une   étape   supplémentaire   de   la récomposition...   En   résumé,   pour   rassembler, chaque   socialiste   fonde   une   écurie   supplémentaire!   Tout   cela   étant   motivé   par l'objectif d'une candidature de plus. Tant que chaque socialiste considèrera que si 
rassemblement il doit y avoir, celui-ci devra s'opérer autour de lui, nous aurons un problème. » 
Avec le recul, comme analysez-vous la gifle reçue par le PS aux européennes? 
« C'est un échec auquel on ne doit pas donner plus de portée qu'il n'en a, d'autant que   60%   des   électeurs   ne sont   pas   venus   voter.   Mais   il   ne   faut   pas   non   plus l'esquiver. J’observe que la gauche n’a pas perdu de voix par rapport à 2004 mais à gauche, nous étions ceux qui donnaient le moins envie. » 
La campagne du PS n'était donc pas suffisamment à gauche? 
« Nous n'avons pas donné envie aux classes populaires de se déplacer pour voter. Ni   à   ceux   qui   avaient   décidé   de   voter   à   gauche   de   le   faire   pour   des   candidats socialistes.   Le   PS   appelait   à   battre   Barroso,   alors   qu'il   fait   partie   d'un   groupe socialiste européen qui pourrait appeler, en octobre, à reconduire le même Barroso! C'est cette indifférenciation avec la droite que nous payons. » 
La réaction de Martine Aubry après la défaite a-t-elle été à la hauteur? 
«   C'est   à   la   fin   2009,   au   vu   de   l'état   de   notre   projet   et   du   rassemblement   de   la gauche, que nous pourrons voir si nous avons réussi à extraire le PS des sables mouvants dans lequel il se plonge depuis quelque temps. Martine Aubry a choisi de privilégier deux axes: celui du projet, et celui du rassemblement de la gauche dans une « maison commune ». Je suggère ne pas attendre l'après-régionales, comme nous   avons   attendu   l'après-européennes,   pour   parler   rassemblement   avec   nos partenaires       de   gauche.     Ce   serait   la  quasi    certitude    qu'il  n'y   aura   pas    de rassemblement en 2012, et donc pas de victoire. » 
Comment aborder ces régionales? 
«   Les   socialistes,   les   Verts,   les   communistes   et   le   Parti   de   gauche   cogèrent   20 régions sur 22. Là où les élections européennes justifiaient des approches politiques distinctes, je ne vois pas de clivage évident pour les régionales. Il me semble assez logique que la question de listes communes soit posée, et qu'on aborde tous les sujets, de fond comme de gouvernance. D’autant que l’électorat de gauche réclame partout l’unité » 
Vous voulez dire que des Verts ou des communistes pourraient présider des régions? 
« Le meilleur moyen de gagner les régionales et de favoriser le rassemblement de la gauche pour 2012, c'est de poser la question. Le fait que certaines régions soient présidées par des partenaires du PS n'est pas un tabou, et ne me choque pas. Nous devons le leur proposer. Un gouvernement de rassemblement de la gauche où ne figureraient que des ministres socialistes ne serait pas très sérieux... » 
Que faites-vous des présidents de région, qui pour la plupart se représentent et à qui Martine Aubry vient de conférer « l'autonomie » pour leurs listes? 
« Il n'y a pas de syndicat des présidents sortants! Ceux-ci sont tous légitimes. Mais les   présidents   de   région   ne   sont   pas   uniquement   préoccupés   par   leur   réélection personnelle,      ni  totalement     indifférents    à  la  présidentielle     de  2012.    Si  on   ne s'intéresse qu'à son propre sort, cela veut dire que le PS n'existe plus.» 
Et l'alliance avec le Modem, au sujet duquel Vincent Peillon, qui invite Marielle de   Sarnez   à   l'université   d'été   de son   courant,   appelle   à   en   finir   avec   l'« hypocrisie »? 
« Il serait impensable de s'associer à une formation qui pourrait, selon les régions, faire l'appoint avec l'UMP ou le PS, et qui siège avec le groupe libéral au Parlement européen!   Les   socialistes   seraient   ridicules   s'ils   constataient   que   ceux   qu'ils   ont invité   à   la   tribune,   négocient   plus   tard   avec   l'UMP   pour   prendre une   région   à   la gauche. Il faut donc que le Modem clarifie sa position. Appartient-il au camp des progressistes ou pas ?» 

Quelle est votre position sur les primaires? 
« Que les primaires soient ouvertes aux électeurs de gauche, c'est une bonne idée, et   je   la   défendrai.   A   condition   qu'il   y   ait   un   projet   commun   derrière.   Il   nous   faut trancher   toutes   les   questions   sans   réponse,   comme   le   libre   échange   absolu,   la redistribution   de   la   richesse,   la   propriété   dans   l'économie,   la   planification   pour domestiquer l’évolution de notre environnement... Sans projet commun clivant avec le bilan et l'idéologie de la droite, les primaires n’auraient pas de sens. » 
Serez-vous candidat ? 
« Non. Ce qui m'intéresse c'est de battre Sarkozy en 2012. » 
Comment vivez-vous votre non réélection au Parlement européen? 
« Comme un échec. Mais je ne vais pas gémir sur le sort d'un député européen non réélu. » 
Pourquoi être resté porte parole du PS? 
« A la demande de la première secrétaire, de nombreux dirigeants et de mes amis politiques. Ceux- ci considéraient qu'une démission aurait rajouté à la crise du PS, et favorisé une lecture que certains veulent donner à notre échec en expliquant que nous avons perdu à cause de la ligne politique de Benoit Hamon. » 
Cette ligne, justement, l'assumez-vous toujours? 
« Je n'ai jamais renoncé à la défendre. Et je ne crois pas, d'ailleurs, que la crise me donne tort. » 
Recueilli par David Revault d'Allonnes 
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